Pascal Hausherr

De quoi demain, livre de l’incertitude

Introduction par Michel Poivert, 2009

L’œuvre de Pascal Hausherr cultive une fausse ingénuité. Celle-ci lui permet d’aborder le monde de façon oblique. Son appareil semble a priori ne saisir qu’un détail, une scène anodine. La pratique semble parfois même peu soigneuse en congédiant l’orthodoxie technique. Le photographe mêle les genres et les usages en détruisant toute hiérarchie (une photographie « de famille » répond à une photographie « de mode »). Ainsi des lieux et des scènes, des visages et des postures, des passantes, un défunt.

Comment De quoi demain parvient à construire, dans cette apparence de légèreté même, une forme si singulière d’inquiétude ? Le regard circule et enchaîne des traces d’expériences. La photographie n’y est pas qu’un moyen, elle est aussi son propre sujet : des êtres occupés à photographier, des écrans, des scènes photogéniques. Un monde photographique en somme.

Mais ce monde ne se referme pas sur lui-même. La question sociale s’y manifeste expressément : récurrence des couleurs tricolores du drapeau national, présence des forces de l’ordre, réunions politiques et manifestations scandent cet univers. Si bien que les moments volés des scènes de jeu et de rencontres familiales trouvent une toile de fond qui rappelle les déterminismes sociaux : travail, famille, patrie. Hausherr photographie l’appareil d’État.

Un drapeau flotte en bord de plage, mais il s’effrange : comme nos certitudes. Et le monde moderne du tourisme et des objets design nous revient avec un parfum politique que l’on aurait tendance à oublier. Derrière le voile du prosaïsme s’étend de façon continue le temps des idéologies, même un peu vieillies comme ce drapeau au vent.

L’avenir est incertain.

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Pascal Hausherr

Photographe né en 1957, il ne se souvient pas n’avoir jamais fait de photographies. La pensée la plus apte à le définir est la nostalgie de quelque chose qu’il n’aurait pas vécu. C’est cette impression qui nourrit la matière de son travail, lequel repose principalement sur l’absence de hiérarchie, tant au niveau du contenu que de la forme, et que ce soit à l’intérieur même d’une image ou d’une image à l’autre. Il tente ainsi de mettre au jour et sur le même plan, comme le souligne Sebastian Hau à propos de De quoi demain dans Foam Magazine n° 25 : « une documentation subjective des limites (politiques, sociales, économiques) internes et externes de la France ».
Ce qui fait la valeur à la fois novatrice et traditionnelle de son travail est que celui-ci dépend de formes connues, tout en se jouant d’elles. On y reconnait là une tentative de restitution d’une histoire parcourue de lacis de sensations secondaires.
C’est en cela une “œuvre photographique”, et non un recueil ou un catalogue de photographies. On pourra cependant lui préférer, comme l’évoque Damien Sausset dans sa critique du livre Encore paru en 2012, le terme d’essai photographique.
En résumé, foisonnement et multiplicité sont les deux maîtres mots du travail de Pascal Hausherr, auquel participe une exploration des formes, des lumières et des couleurs.
Ses œuvres sont conservées dans les collections publiques de la Bibliothèque nationale de France à Paris (Cabinet des estampes et de la photographie), au Musée Carnavalet à Paris, à la Maison européenne de la photographie à Paris, et dans diverses collections privées.
Il a notamment publié aux éditions Trans Photographic Press (Paris) : De quoi demain en 2009 et Encore en 2012, chez Bernard Chauveau Éditeur (Paris) : La Tourette / 1959®2009 / le cinquantenaire en 2009 (avec Philippe Chancel et Stéphane Couturier) et Mémoire des murs, rencontre le corbusier / anne et patrick poirier en 2013. Il figure dans La photographie contemporaine de Michel Poivert, Éditions Flammarion (Paris), 2010 et Einaudi editore (Turin), 2011.
Il expose en 2012  « Résidentes : œuvres en résidence » (diptyque, 200 x 200 cm x 2, De quoi demain), production Emmetrop, Centre d’art Transpalette, Bourges (Cher, France) et en 2013 « Regards d’artistes contemporains sur la Tourette », couvent de la Tourette, Éveux (Rhône, France). Cette même année il est l’un des 11 photographes contemporains français (commissaires : Andrea Eichenberger et Michel Poivert) présentés à « Floripa na foto », 3e Festival de Fotografia de Santa Catarina, Florianopolis (Brésil).

Contacts:
téléphone 06 86 01 13 30
pascal.hausherr@gmail.com

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