William Bunel

La lente virevolte

Au nord des quartiers marseillais, sur le bitume taché, égratigné, défoncé se dressent des structures urbaines. On y pénètre le regard bas, le pas craintif avec des sens en éveil et des repères qui semblent nous échapper.

Selon l’écrivain Philipe Pujol, « ici les trajectoires des gens qui peuplent ces cités sont souvent tragiques où même les rats se font chier ». La délinquance y sert « d’ascenseur social – ou de chemin vers le cimetière ». On trafique autour d’une obsession, « du fric ramené avec panache ».

Les Comores, le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest semblent avoir trouvé refuge dans ces grandes tours. Une solidarité s’opère dans la communauté mais s’effrite avec les autres. Ici l’espace urbain est un espace collectif mais un lieu ou se croisent les solitudes.

Au pied des immeubles, un petit dealer, un « charbonneur » comme on dit ici, qui réussit à prendre le large … des odeurs épicées inondent certains halls. Bredouilles, les policiers rentrent dans leur véhicule.

Malgré ce fourretout, la population grouille, déambule, crie, s’affronte, virevolte en attendant des lendemains meilleurs mais imprévisibles.

William Bunel, photographe, né en 1979, vit et travaille à Marseille.

En parallèle à son activité de photographe, il a développé des études d’histoire de l’art et de photographie.

www.williambunel.com

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