Florent Schwartz

La magnitude humaine

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Dans la province du Zhejiang, j’ai passé du temps dans une ville paisible où, autour d’un étang, mille-et-une maisons sont en démolition. On entre dans cette ville fantôme par une seule rue comme on entre dans un labyrinthe. L’air est stagnant, l’orientation est difficile, la poussière efface les étoiles. D’un jour à l’autre, le nom des rues change, les quartiers se déplacent.

Parfois, au pied des ruines, quelque chose remue, ce sont les vieux. J’ai pris leurs membres, leurs rides, et j’en ai couvert les façades des maisons qu’ils habitaient hier. Des affiches en lambeaux, des pieds sans terre, des mains sans rien saisir. J’ai voulu redonner une peau à ces murs à vif, une respiration entre les débris. Au milieu des membres et des décombres, l’espace s’ouvre à un cri sans bruit.

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Florent Schwartz est diplomé en sculpture sur metal à Ensaama et en arts scéniques. Il découvre en autodidacte la photographie puis la video. Il évolue à la lisière entre danse, sculpture et photographie. Il se consacre actuellement à l’étude de la culture chinoise, s’interrogeant sur l’individu et les comportements de masse, et se pose en témoin d’une société en pleine métamorphose.

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