Entretien avec Diego Gurgel

Texte et interview: Andréa Monteiro et Lucila Vilela

Traduction de Jessica Blanc

Diego Gurgel, photographe et journaliste, réalise depuis 2011 la communication du Secrétariat du tourisme et des loisirs de la région d’Acre, état qui réunit l’une des plus grandes populations indigènes du Brésil. Les Kaxinauá ou Huni Kuin (le nom authentique) ont une forte identité culturelle qu’ils essaient d’accorder avec les exigences de la société, dont le contact a eu lieu au début du XXème siècle. Dans ce contexte, Gurgel maintient une relation amicale avec le peuple indigène et enregistre une grande partie de ce quotidien lié aux traditions et à un nouveau modus vivendi construit à partir de l’inévitable contact avec le système de consommation.

Dans cet entretien, le photographe nous raconte une partie de cette expérience et une réflexion sur la présence de la technologie du point de vue des Huni Kuin.

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1. En quelle année êtes-vous arrivé au village des indiens Kaxinauá ? Qu’est-ce qui vous a amené à chercher le contact avec les indiens ?  

Je suis en contact avec les indiens Kaxinawá (Huni Kuin) depuis que je suis enfant grâce à l’engagement de ma mère dans son travail avec des ONG. Ensuite en 2007, je suis devenu journaliste et dès lors je visite souvent les villages de cette ethnie, ce qui m’a rapproché des indigènes et des dirigeants, nous sommes devenus amis.

2. Comment êtes-vous arrivé jusqu’à ce lieu et comment avez-vous été accueilli ? Quelles sont les différences que vous avez perçues entre le début de votre séjour et aujourd’hui ?

Arriver jusqu’à leur lieu d’habitation, les villages, est un voyage à la fois fatiguant et revigorant. Bien que « laborieuse », puisque nous avons pris un vol et des bateaux, c’est une expérience sans équivalent. Au début, les branches, les ravins, la rivière sombre fait peur mais prend ensuite des formes naturelles magnifiques qui, je crois, est la forêt même, la mère nature qui nous purifie de nouveau, oubliant les technologies qui nous ont fait oublier les origines, nos racines et nos similitudes avec toutes les races.

3. Nous savons que vous avez l’habitude de laisser votre matériel photographique entre les mains des enfants indigènes, comment voyez-vous cette relation ?

Chaque fois que possible quand j’ai une visite prévue, avant mes voyages aux villages, j’essaie d’agrandir quelques exemplaires et de faire une petite exposition, une petite collection, où les personnes représentées peuvent prendre et garder les photographies. Je pense que cette relation est importante, puisque nous ramenons de belles images de là-bas, le moins que nous puissions faire pour les remercier c’est de leur offrir leurs photos. Ainsi, ceci est la première exposition de photographies indigènes, parce que je pense que cette relation est respectueuse, quand les indiens ont connaissance du travail en question, partageant les fruits de ces belles images.

4. Qu’est-ce qui a changé depuis l’insertion de la technologie dans les villages ?

Cela a changé à la fois l’amélioration de certains types de production, tant manuels qu’intellectuels, que la réalisation, par eux-mêmes, du seuil divisant la préservation de leurs cultures, ce qui les rend spéciaux dans le monde pour avoir résisté si longtemps avec leurs coutumes traditionnelles.

5. Le contact des indiens avec la photographie permet le fait qu’ils puissent créer des images à travers leurs propres yeux. Comment percevez-vous ces images ?

Je pense que de la même façon que je tente de transmettre des sentiments, des sensations et des souvenirs à travers mes images, ils essaient de recréer leur réalité dans les forêts, ce qu’ils ont de mieux, de plus précieux : une forêt préservée avec sa faune et eux-mêmes là, en harmonie.

Pour citer cet entretien: 

MONTEIRO, Andréa et VILELA, Lucila. Entretien avec Diego Gurgel. Traduction du portugais par Jessica Blanc. In ARPIA. Florianópolis, janvier 2014. Disponible sur: http://www.arpia.fr

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