Mémoire des lieux, la ville en images

© Sylvaine Conord

Séminaire Mosaïques (UMR LAVUE, 7218, CNRS)

VENDREDI 28 MARS 2014, 10h-13h

Université Paris Ouest Nanterre La Défense, bâtiment T salle 206 (2ème étage) 

Mémoire des lieux. La ville en images

Responsable Sylvaine Conord

Quoi de plus banal que de photographier la ville ? Chacun l’a fait au gré des voyages et des déambulations, des terrains de recherche et des enquêtes en sciences sociales. Mais la réflexion sur la signification de ces pratiques photographiques qui dépasserait la simple fonction d’illustration est relativement récente en France. L’objectif de cette séance est de nous éclairer sur des démarches originales mettant en relief  la fonction mémorielle de l’image.

– Cécile Cuny (Maîtresse de conférences, Chercheure au Lab’Urba, Université Paris Est)

« Photographier et prendre des notes: parle-t-on vraiment de la même chose? »

La littérature sur les méthodes visuelles en sociologie considère souvent la photographie comme une méthode plus efficace et économe que les méthodes classiques en ethnographie pour prendre des notes sur son terrain. La communication discutera ce point de vue à partir d’une enquête ethnographique menée dans le grand ensemble de Marzahn, à Berlin-Est.

– Claire Lévy-Vroelant (Professeure de sociologie, Université de Paris 8 Saint-Denis, Chercheure au Centre de recherche sur l’habitat, UMR LAVUE 7218)

« La langue comme métaphore. Récits d’hôtels et de migrations »

Communication à partir de l’enquête « Les hôtels meublés de Paris. Enquête sur une mémoire de l’immigration », Claire Lévy-Vroelant et Céline Barrère.

Lieux invisibles ou évoqués sous l’angle du drame ou de la déviance, les hôtels meublés de Paris où vivent les migrants vieillissant sont difficiles à saisir hors des clichés dont ils sont l’objet. Or, l’originalité de l’hôtel se confirme dans sa façon de convoquer la mémoire. Lieu traceur, il suscite des récits qui, se fixant sur les espaces du caché ou de l’intime (les caves, les toits, les chambres) prennent la forme d’un inventaire par l’absence. Le récit mémoriel, dont nous avons identifié les structures, appelle ici des images qui travaillent sur la répétition et la spirale, le hasard, et le fragment, l’éphémère et le silence, comme les photographies qui accompagnent le livre veulent en témoigner.-

Sophie Didier (Maîtresse de conférences, Université Paris 13-Nord, en délégation CNRS à l’UMR LAVUE, Mosaïques)

« Home away from home: une expérience de photographie participative dans un quartier de migrants à Johannesburg. »

Cette communication se basera sur l’expérience d’un projet d’architecture et d’urbanisme piloté par l’université du Witwatersrand qui s’est tenu entre 2010 et 2012 à Yeoville, quartier paupérisé du péricentre de Johannesburg et espace de primo-accueil en ville pour la plupart des migrants de la sous-région et du continent. Grâce (entre autres méthodes) à la photographie participative, le projet a tenté de brosser un tableau des expériences de la relation nostalgique au foyer d’origine mais aussi de la mémoire de l’arrivée en ville et dans le quartier, ainsi que de leur appropriation par les résidents.

Henri Desbois (Maître de conférences en géographie, Université de Paris Ouest Nanterre la Défense)

« Monuments intimes : les thomassons, témoins modestes des mutations contemporaines de l’urbanité. »

Dans les années 1980, au Japon, la publication par l’artiste néo-dadaïste Genpei Akasegawa de photographies d’objets insolites du paysage urbain a été à l’origine d’un renouveau d’intérêt pour les vestiges du passé urbain récent. L’engouement suscité par ces images est révélateur de la façon dont des mutations urbaines rapides entrent en conflit avec le besoin des habitants d’ancrer les mémoires individuelles et collectives dans des éléments matériels de l’espace public.